Parler de villes nouvelles interpelle une production spatiale de masse, de grandes superficies seront ainsi ouvertes à l’urbanisation (logements, services, activités, infrastructures de base…). Par conséquent, la création des villes nouvelles ne devrait en aucun cas constituer un acte isolé. Elles doivent répondre à des objectifs précis (décongestionnement des agglomérations, développement de certaines zones, intégration d’autres…) et ce, afin de :
» Localiser territorialement ces villes, certaines seront programmées à de courtes distances de l’agglomération mère, tandis que d’autres seront prévues sur des sites non urbanisés ou peu développés. Cette localisation influencerait grandement d’une part le coût de l’opération et d’autre part les modalités de sa valorisation (constitution d’un noyau indépendant de vie économique, culturelle, sociale…). Sans pour autant omettre le rôle déterminant que joue l’opportunité foncière pour tout choix du site;
» Arrêter leurs vocations : une ville nouvelle n’aurait d’intérêt que par le rôle qu’elle sera amenée à jouer et plus celle-ci est indépendante plus sa vocation est confirmée ;
» Définir leurs tailles (population à accueillir). Cette taille devrait avoir un seuil maximal et minimal car au-delà du premier la réalisation et la gestion du projet deviennent complexes et difficiles. Quant au second seuil on pourrait assimiler le projet à une simple grande opération de lotissement.
Au sujet de l’intégration des villes nouvelles, la réflexion se pose à deux niveaux ; l’un territorial et l’autre environnemental. De ce fait la décision de créer une ville nouvelle ne devrait en aucun cas occulter la vision territoriale, l’intégration au sein de l’armature urbaine est fortement recommandée, les politiques urbaines régionales et d’aménagement territoriale doivent être prises en compte en amont de cette décision. De même, selon l’emplacement de la ville nouvelle, son intégration est fortement conditionnée par les réseaux de communication technologiques et de déplacement.
Sur le plan écologique, la durabilité du développement impose aujourd’hui d’intégrer avec munitie la donne environnementale. Car la ville ne doit pas être un facteur de perturbation et de déséquilibre des richesses locales. De même que les conditions climatiques et morphologiques doivent être prises en considération afin d’éviter les éventuelles risques naturelles (urbanisation des terrains agricoles, inondations, pollution des nappes phréatiques, séismes…) sachant que le non respect de la durabilité de développement générerait des coûts économique, social et environnemental que l’Etat serait incapable de prendre en charge.